22 MARS 2025
Par Roxane Alamyalagha – Aryana, N.D.
« Les points de vue exprimés dans cet article sont ceux de son auteur.e et ne reflètent pas
nécessairement ceux du Collège des Naturopathes du Québec. »
ORIGINE DE LA JOURNÉE MONDIALE DE L’EAU
Elle remonte à la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement,
également connue sous le nom de Sommet de la Terre, tenue à Rio de Janeiro au Brésil en 1992
au cours de laquelle l’eau douce a été reconnue comme une ressource limitée essentielle à la
vie.
Cette année, la Journée mondiale de l’eau a pour thème « Sauvons nos glaciers ».
La planète Terre se réchauffe en raison du changement climatique, les glaciers fondent plus vite,
les zones gelées diminuent et rendent le cycle de l’eau de plus en plus imprévisible.
Cette journée a aussi comme objectif celui de prendre des mesures pour remédier à la crise
mondiale de l’eau et à soutenir l’objectif de développement durable (ODD) numéro 6 des
Nations Unies : l’eau et l’assainissement pour tous d’ici à 2030.
CONSTATS ET INFORMATIONS
La Terre est confrontée à une crise de l’eau provoquée par une mauvaise gestion des ressources
en eau ainsi que par les effets néfastes dûs au changement climatique.
Presque toute l’eau sur la Terre est salée. Bien que les scientifiques aient appris à la dessaler,
néanmoins, cette purification coûte encore cher en énergie.
Dans les pays chauds, les barrages laissent trop d’eau s’évaporer et appauvrissent la fertilité des
berges, et les deltas se retirent.
L’eau est une ressource limitée et un capital essentiel à la vie humaine, végétale, animale et
aquatique sur Terre. Sans elle, la vie entière de notre planète, telle que nous la connaissons,
risquerait de disparaitre.
Le corps humain est constitué de 75 % à 85 % d’eau. Certains animaux marins sont composés de
95 % d’eau douce. Étant présente à la fois dans les fluides et dans les tissus et les cellules elle
agit d’une part comme un solvant et d’autre part dans le transport des vitamines et autres
nutriments. Notre corps l’utilise aussi pour réguler la température corporelle et pour se
débarrasser des toxines.
Il existe de nombreux types de cellules qui dépendent d’une eau extra-cellulaire ou d’un milieu
aqueux. Dans ce contexte, la propriété de l’eau en tant que solvant universel est pertinente
pour la formation des membranes cellulaires et autres organites (noyaux) associés.
Outre ses effets bénéfiques sur nos tissus et articulations ainsi que son rôle important dans la
prévention de la déshydratation et de la digestion, l’eau est utilisée dans presque tous les cycles
de composition d’un produit de consommation, pour n’en nommer que deux exemples :
- Pour produire un (1) kg de viande de veau, quinze milles (15 000) litres d’eau sont
gaspillés, et pour une (1) tasse de café, cent (100) litres d’eau. - En moyenne, un Européen dépense trois milles (3 000) litres d’eau par jour, non
seulement pour boire ou cuisiner mais aussi pour produire de l’électricité, faire circuler
des trains ou des voitures, fumer, etc.
L’eau procure à l’homme de nombreux avantages éco-systémiques. Elle est nécessaire à la
production alimentaire et celle d’énergie, ainsi qu’à la propreté, à l’hygiène, à la santé et aux
économies locales et nationales. Nous en avons besoin pour les ressources de base, telles que la
pêche, les forêts riveraines et les cultures irriguées, ainsi que dans les zones industrielles et
urbanisées.
L’accès à l’eau potable et à l’assainissement est un droit humain élémentaire, néanmoins, une personne
sur quatre n’a pas accès à l’eau potable et près de la moitié de la population mondiale n’a pas accès à des
installations sanitaires adéquates.
DANGERS DE LA POLLUTION DE L’EAU POUR LA SURVIE DE LA TERRE
D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), chaque année à travers le monde, près de
cinquante (50) millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont atteints de maladies véhiculées
par l’eau, dont un million ont des séquelles invalidantes, de ce fait, plus d’un milliard de
journées de travail sont perdues. Mais plus grave encore, chaque année environ quatre (4)
millions d’êtres humains, notamment les enfants, meurent de maladies liées à l’eau et à
l’environnement.
LES EAUX POLLUÉES ET LES DÉCHETS LES PLUS DANGEREUX POUR LA SANTÉ
Les substances les plus difficiles à séparer de l’eau sont les :
➢ Micro-organismes pathogènes
Comme dans tout écosystème (même au sein de notre propre corps) de nombreux microorganismes
vivent dans l’eau. Bien que la grande majorité d’entre eux soit bénéfique, il y en a
d’autres qui peuvent causer des infections et même la mort si nous buvons de l’eau contaminée.
Les micro-organismes les plus nuisibles à la santé et ceux qui peuvent le plus contaminer l’eau
proviennent de déchets fécaux tels que les bactéries gastro-intestinales Escherichia coli,
Enterococus faecali, y Clostridium perfringens ou d’autres bactéries telles que Vibrio
choléra, qui cause le choléra. La plupart des micro-organismes peuvent être éliminés par
chloration de l’eau ou par la lumière ultraviolette, mais aujourd’hui, avec la quantité
d’antibiotiques ingérée par les êtres vivants (animaux et humains) et libérés dans
l’environnement, il est plus difficile de le faire, car ils deviennent plus résistants à ces
traitements.
➢Antibiotiques, médicaments et hormones
Ils sont des exemples de ce que l’on appelle les nouveaux contaminants et qui sont également
étroitement liés à la section précédente sur les micro-organismes pathogènes. La
consommation excessive de ces substances augmente leur apparition dans les eaux naturelles.
En outre, les antibiotiques sont également utilisés comme mesure prophylactique pour éviter
que le bétail et les cultures ne tombent malades. Les antibiotiques sont excrétés par notre corps
et atteignent les stations d’épuration des eaux par le biais du système d’égouts.
➢Nitrates et phosphates
Tous deux sont solubles dans l’eau et sont les principaux nutriments des organismes
photosynthétiques qui vivent dans les eaux, tels que les cyanobactéries, les algues, les
diatomées, etc. Lorsqu’elles apparaissent en excès, elles génèrent les problèmes
d’eutrophisation ou l’enrichissement en nutriments de l’eau, ce qui entraîne la prolifération des
producteurs primaires. Les conséquences de cette croissance exponentielle de ces substances
sont les suivantes : elles ne laissent pas passer la lumière et en outre finissent par épuiser
l’oxygène de l’eau empêchant les animaux de respirer. Malheureusement, l’augmentation de
ces deux composés est liée à l’activité humaine, en particulier aux eaux usées et à l’utilisation
excessive d’engrais, de détergents et de fumier.
➢Insecticides et autres pesticides
Insecticides et les pesticides sont des substances utilisées pour tuer les parasites des
organismes qui nuisent normalement aux activités humaines.
➢ Composés organiques
Cette classe de substances comprend certains des pesticides, mais aussi d’autres matières telles
que le pétrole, le gaz de propane, le sucre, l’alcool, les produits qui sont utilisés dans la
production d’essence et d’autres hydrocarbures, de plastiques, de solvants, de détergents, etc.
➢ Substances radioactives
Le rayonnement de l’eau est dû à la présence d’isotopes radioactifs solubles. Les sources de
rayonnement peuvent être d’origine diverses, comme les fuites dans les centrales nucléaires, le
déversement illégal de déchets radioactifs ou la contamination naturelle. Il existe des eaux
radioactives naturelles en raison de la présence de minéraux radioactifs issus de réactions
nucléaires naturelles (tritium, radon, uranium, etc.).
➢ La pollution thermique
Bien qu’il ne s’agisse pas d’une substance en tant que telle, l’augmentation de la température de
l’eau constitue une menace pour le fonctionnement des écosystèmes aquatiques. Les industries
et les centrales nucléaires sont généralement responsables du rejet d’eau chaude dans
l’environnement, car elles l’utilisent comme système de refroidissement lors de la production
d’énergie et d’autres matières.
UTILISATION RESPONSABLE DE L’EAU
Les humains ont une relation étroite avec l’eau depuis le début de notre existence, et comme
notre propre évolution biologique, cette relation avec l’eau a évolué au cours de l’histoire et des
civilisations. Aujourd’hui, la gestion intégrée de l’eau que nous utilisons doit être responsable,
équitable, juste et durable, car « l’or bleu » devient de plus en plus rare et difficile d’accès.
Les actions suivantes peuvent la rendre possible :
Utiliser l’eau de manière responsable : bien qu’il ne réduise pas la pollution de l’eau, il permet
une consommation plus efficace de cette ressource naturelle, ce qui a un impact positif sur la
société et l’environnement dans son ensemble. En ce sens, nous devrions tenir compte
d’éléments de la vie quotidienne tels que prendre une douche au lieu d’un bain (en fonction de
la durée d’utilisation de la douche et de la quantité de l’eau de la baignoire); fermer le robinet
en se brossant les dents; ne pas faire tourner le lave-vaisselle avant qu’il ne soit plein, etc. De
cette manière, nous pouvons également réduire le volume des eaux usées.
Utiliser des savons et des produits d’entretien naturels : actuellement, nous disposons d’un
large éventail de produits écologiques pour un usage domestique et personnel. Ces produits de
nettoyage et savons écologiques sont formulés à partir d’ingrédients naturels, ce qui signifie
que lorsque leurs composants atteignent l’environnement, biodégradables, ils disparaissent sans
causer de grands dommages à ce dernier.
Éviter de consommer des produits avec beaucoup d’emballages : une autre bonne option à
ajouter à notre liste est de réduire les emballages en plastique et en carton car ce sont des
matériaux qui polluent l’eau et mettent des décennies à disparaitre, sachant que la durée de vie
du plastique est de mille (1000) ans. En ce sens, une réduction des produits fortement emballés
contribue à diminuer l’impact de ce type de consommation négligente sur l’eau. Pour
commencer, l’utilisation des sacs réutilisables au supermarché est fortement conseillée.
Recycler les huiles et les métaux lourds : les huiles et métaux lourds comme le mercure présent
à l’intérieur des piles sont les deux éléments les plus polluants dans l’environnement. Il est donc
essentiel de ne jamais jeter l’huile à l’égout ni les piles ou les appareils électroniques à la
poubelle. Nous devrions plutôt les emmener à un point propre ou un conteneur de recyclage où
ils seront correctement traités pour éviter les dommages environnementaux qu’ils causent.
Consommer plus de légumes et moins de produits animaux : l’une des industries les plus
polluantes en général et de l’eau en particulier est le secteur de l’élevage. Cette industrie
produit une grande dépense d’eau. Il est constaté qu’au moins sept milles (7 000) litres d’eau
seront nécessaires pour produire un (1) kilo de viande. Alors que pour un (1) kilo de riz, la
consommation sera réduite à environ deux milles (2 000) litres d’eau. En outre, le secteur de
l’élevage est responsable de la production en grande quantité de déchets polluants. L’utilisation
d’une quantité moindre d’aliments pour animaux réduira considérablement la pollution de
l’eau.
Sensibiliser, informer et former la population pour éviter la pollution de l’eau : cet aspect est
fondamental lorsqu’il s’agit de traiter toute question liée à la préservation de l’environnement.
C’est l’un des aspects les plus importants, car il est le point de départ de toute action visant à le
préserver, y compris la pollution de l’eau.
Réutiliser l’eau de manière efficace — Exemples : l’eau de la douche doit aller dans les
citernes ; celle de la mer peut être utilisée pour le refroidissement, etc.
Éviter la surexploitation de l’eau : mettre en oeuvres des règlements et fixer des imputabilités
en cas de non-respects, surtout lorsqu’elle est faite de manière illégale. L’implication des
instances gouvernementales est salutaire. Beaucoup de gens ne sont pas vraiment conscients
qu’avec de petits gestes nous pouvons éviter des dommages très importants à nos ressources
en eau et à nos écosystèmes. En les éduquant pour savoir comment il faut agir dans chaque cas,
nous pourrons réduire considérablement la pollution de l’eau, tant pour la consommation
humaine que pour les écosystèmes terrestres et marins.
Diminuer la quantité de cigarettes fumées par jour et par personne : l’un des plus polluants
complètement oublié de la population non-avertie est le mégot des cigarettes. Voici quelques
informations dissuasives :
➢ Ils continuent d’émettre des substances chimiques, même après avoir été éteints,
exposant les personnes environnantes à ce que des scientifiques qualifient de
« fumée tertiaire ». www.greenminded.fr
➢ Dans les forêts, les mégots subissent une dégradation plus rapide grâce à l’humidité
et aux microorganismes, mais ils contiennent encore des contaminants chimiques.
megot.com
➢ Environ 137 000 mégots sont jetés au sol chaque seconde dans le monde, ce qui a un
impact significatif sur l’environnement et les ressources en eau. cy-clope.com
➢ Des initiatives comme MéGO! existent pour le tri et le recyclage des mégots de
cigarette. me-go.fr
Ces informations soulignent l’importance de la gestion appropriée des déchets de cigarettes
pour protéger notre environnement et préserver l’avenir de notre planète..
Agissons maintenant !
Sources d’informations :
Eau et Santé | Académie de l’Eau
https://www.compteur.net/compteur-population-mondiale/
👨 👩 👦 👦 Population mondiale : historique, évolution et projection
